Si je vous dis « Il était une fois dans l’ouest », « La conquête de l’ouest », « La prisonnière du désert », « La chevauchée fantastique », « La charge héroïque », « Le massacre de Fort Apache », « La poursuite Infernale » ou encore « Le Sergent noir », qu’est-ce qui vous vient en premier à l’esprit ? Western certes, mais encore ? Mais bien sûr, Monument Valley ! Si il y’a bien un paysage que l’on a tous déjà au moins vu une fois dans notre vie, que ce soit dans les bande dessinées de Lucky Luke, dans les publicités ou dans les films hollywoodiens, c’est bien celui-là. De tous temps, ce paysage a alimenté ce fameux mythe du Far West, son côté sauvage, immense, désertique, bref le pays des Cow Boy et des indiens. De Retour vers le futur 3 à Lone Ranger en passant par Retour vers le Futur 3 ou encore 2001 l’Odyssée de l’espace, Monument Valley a fait les beaux jours des plus grands réalisateurs Hollywoodiens et ce n’est pas sans raison.

Où se situe Monument Valley ?

Situé à la frontière entre l’Utah et l’Arizona, le territoire sur lequel se trouve Monument Valley appartient toujours aux Navajos, l’un des peuples amérindiens les plus connus encore aujourd’hui, qui, après un conflit avec les colons espagnols et mexicains au XVIIIe siècle, parvinrent en 1868 à signer un traité les autorisant à conserver une partie de leur territoire. Aujourd’hui, le tourisme tient un rôle fondamental dans leur économie, et « la vallée des rocs » comme l’appellent les Navajos est l’un des lieux les plus prisés par les voyageurs du monde entier.

Mais alors, que peut-on faire dans cette immense mer de sable orange de laquelle on voit émerger d’immenses inselbergs (c’est le nom de ces énormes monolithe qui semblent sortir de terre) ? C’est assez simple, à part profiter du paysage pas grand-chose. Je m’explique.

Que voir et que faire à Monument Valley ? 

En premier lieu il est important de savoir que les territoires Navajos ne sont pas régis par les mêmes règles d’accès que les parcs nationaux. Autrement dit ici, pas de pass America the Beautiful, il vous faudra payer des droits d’entrée. Le prix est de 20 USD par véhicule (valable pour 4 personnes, il y’a un supplément de 6 USD à prévoir pour tous les autres passagers), et le pass vous donne accès au Parc pendant 4 jours.

Une fois dans le parc, vous avez 4 options : faire un tour guidé avec les Navajos (payant évidemment), vous mettre dans la peau de Lucky Luke (ou de John Wayne c’est comme on préfère) et faire un tour de cheval (toujours payant, cela dit si il y’a un endroit où cela vaut le coup de faire une virée à cheval c’est bien ici, pas pour l’intérêt de la balade en elle-même mais pour l’immersion complète dans le mythe), faire le Wild Cat Trail  (une petite randonnée de 2h qui fait le tour de West Mitten Butte, à faire si vous avez le temps), et enfin, vous rendre sur la Valley Ride.

Je vais m’attarder un peu plus sur cette dernière étape qui est celle qui présente le plus d’intérêt. Tout d’abord, il faut savoir que cette piste de 17 miles de long n’est pas facilement accessible, en particulier lorsqu’il a plu. Il est, quoi qu’il arrive, fortement déconseillé de l’emprunter avec un véhicule autre qu’un SUV ou un 4×4, car, si la piste est en mauvais état, vous êtes bons pour un remorquage. De mai à septembre la piste est ouverte de 06h00 à 20h30, et de 08h00 à 16h30 le reste de l’année (pensez-y), le parcours se fait en environ 3h (en tout, c’est à dire circuit + selfies). Au programme, outre les incontournables West Mitten Butte, East Mitten Butte et Merrick Butte vous pourrez admirer :

The Thumb (un gros rocher qui, comme son nom l’indique, est en forme de pouce levé), Sand Springs (une étendue de sable qui ne présente pas grand intérêt),  Totem pole (une aiguille de roche de plus de 140m de haut, particulièrement impressionnante), Rain God Mesa, The Hub (un immense rocher mesurant plus de 500m de haut. Colossal.), Camel Butte (en forme de chameau parait-il, si on a un peu d’imagination et pas une connaissance poussée de la morphologie du chameau), les Three Sisters (3 rocher de grès rouge allongés, à voir le matin plutôt pour des raisons de lumières) et Elephant butte (même remarque que pour Camel Butte). Tout cela en passant par les différents points de vue afin de prendre les lieux en photo sous tous les angles : John Ford’s Point, Artist’s Point et North Window.

Que dire de plus, si ce n’est que cette étape, si elle est un incontournable pour toute personne qui souhaite faire un tour d’horizon de ce que le sud d’ouest américain a de mieux à offrir, elle est loin d’être celle pour laquelle il faut prévoir le plus de temps. Le mieux est d’y accorder suffisamment de temps pour faire au moins la Valley Drive (pour ceux équipés de véhicules SUV je le répète) et d’y dormir pour profiter pleinement du lever et surtout du coucher de soleil. Même si la nuit est chère à l’intérieur du parc (à moins d’opter pour le camping, mais particulièrement délicat en haute saison), c’est sans doute celle qui permet de loger dans un environnement absolument exceptionnel.